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Milkis… My ass?!

Anyong Hasseyo! Aujourd’hui, on va en Corée les enfants, histoire de goûter l’un des sodas les plus dégueulasses que la Terre ait jamais enfanté… Le Milkis. De prime abord, avouons-le, la canette est plutôt jolie et inspire à l’évasion (oh, la jolie Mary Poppins), mais ce qu’il y a à l’intérieur « c’est pas beau. Même assez dégoûtant » comme le disait si bien Gainsbourg dans sa chanson Vu de l’Extérieur. Une belle couleur blanchâtre et opaque qui rappelle le lait en poudre, ou du foutre autre chose pour les plus grossiers d’entre nous. Et pour cause ! Le soda est à base de lait. Une première au pays des boissons gazeuses – qui s’inspire de la boisson traditionnelle japonaise le Calpis – lorsque le soda fait son apparition à grande échelle au en Corée (du Sud, of course) et au Japon à la fin des années 80. A cette époque, Lotte Chilsung, la société qui commercialise le Milkis, voit les choses en grand et c’est Chow Yun-fat (un chinois, hérésie !!!), alors en pleine bourre médiatique, qui s’occupe de vanter les mérites du lait à bulles dans un spot pastiche des films de John Woo. Un début de carrière A Toute Epreuve, mec.

A toute épreuve comme la dégustation de ce soda. Et c’est un euphémisme. Gonzo journalism, right. Une sorte de Danao gazéifié, saveur Melon pour ma pomme. Pourtant, très étonnant, le soda connaît un véritable succès. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter : Lotte Chilsung est le plus grand groupe de boissons asiatique depuis la fin des années 90 ; l’image de la boisson gazeuse, elle, est tenue par Han Chae Young, une drama-queen phare de la TV. Sacrément burnée, la demoiselle ! Faut pas lui chourrer son Milkis ! Personnellement, je préférerais que ce soit lui qui en fasse la publicité. Sinon, hors du continent jaune, on retrouve souvent le gaz lacté au travers des linéaires américains et russes (tiens, encore deux frères ennemis) : saveur melon, donc, mais également orange, fraise, mangue et même potiron… Sur Youtube, les tests en direct live de Milkis se multiplient. Ils prennent même les enfants, les salauds ! Le « pire », c’est qu’en général, ils aiment ça.

Don't tutss ma Mi'kis, matafukas!!!

Première remise en cause : je ne suis pas fait pour le Milkis, sûrement. Pas fait pour le soda, peut-être ? Non, je ne peux m’y résoudre. C’est juste que les américains ont les papilles écorchées. Quant aux russes, quand on sait que le vodka coûte si peu cher… Et puis, le goût est français, c’est un fait : un peu de mauvaise foi chauvine, ça ne fait jamais de mal. A bien y réfléchir, le seul Milkis dont je suis fan est peut-être celui qui s’appelle Edward. Producteur de télévision américain de ce quei se fait de mieux dans les 70’s, on doit au bonhomme l’allonge financière pour les désormais cultes Star Trek et Happy Days. Fonzie & Kirk rule ! Concernant les coréens, je leur pardonne (que je suis magnanime) et je préfère me concentrer sur leurs succulents barbecues, leur génial cinéma ou bien sur leurs émissions de télé comme celle-ci. Allez, ahn nyung hee ka se yo !

Informations techniques : Je suis sympa, je vous dit où on peut trouver cette cochonnerie. Un seul endroit sur Paris : le K-Mart, 8 rue Saint-Anne PARIS 2 (métro Pyramides). La canette n’excède pas les 2€.

Matthieu Rostac

Crédit photo : Aurore Colibert et Blog City

C.C. Lemon : un soda nippon ni mauvais

OK, le jeu de mot était trèèès facile. Mais il se trouve qu’il va comme un gant au fameux soda citronné-japonais tout de jaune vêtu. De très bon goût (le goût dans son sens gustatif, bien sûr, mais j’y reviendrai), le C.C. Lemon est peut-être la seule boisson gazeuse « potable » pour un quelconque européen en villégiature au pays du Soleil Levant. Voire pour les autochtones (dans quelques semaines viendront les sodas melon-nippons… Faudra être bien accroché). Cet arôme de citron dégustable, donc, expliquerait la mainmise établie par la société Suntory, détentrice de C.C. Lemon, dans les linéaires soda? En minorité, peut-être. Mais la compagnie fondée en 1899 à Osaka possède d’autres atouts dans son jeu. Sinon comment expliquer que la société elle-même possède le marché des boissons alcoolisées (fusion imminente avec le géant de la bière Kirin), une salle de spectacle à son nom et sa propre équipe de rugby, championne en 2008 et dans laquelle joue George Gregan? Passons… Si le C.C. Lemon occupe la troisième place du marché japonais des boissons gazeuses, juste derrière les deux trusts C***-C*** et Pepsi – ce dernier étant distribué sur le territoire par la Suntory, tout comme Orangina, c’est également grâce à un partenariat marketing sans précédent. Eh oui, le Soleil se lève à l’Est, mes amis, et l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Et en matière d’innovation, on ne vante plus les mérites du savoir-faire japonais.

En 1994, Suntory possède la quasi-totalité du marché de l’alcool japonais. Autant dire que ça doit s’ennuyer ferme dans les locaux de la maison-mère. C’est alors que la matière grise de la compagnie dessine un nouveau challenge : conquérir l’univers… Des boissons gazeuses. Ce sera le citron et, of course, sa couleur or qui porteront haut l’étendard de Suntory dans les rayons soda. Qui d’autre est plus jaune que le C.C Lemon et écrase tout sur son passage au beau milieu des 90’s? Les Simpsons. Une visibilité à grand échelle et immédiate à la clé, Suntory signe un accord avec les ayant droits des personnages fétiches de Matt Groening. Pendant près de dix ans, les Simpsons refléteront l’image d’un soda au citron cool et familial, quoiqu’un peu barré. Et surtout, n’oubliez pas votre tripotée de produits dérivés comme on sait si bien les faire du côté de Tokyo. Une méthode éculée de la part du géant japonais de la boisson, qui a toujours porté ses fruits. Conscient du capital sympathie que possède les Occidentaux auprès des japonais, Suntory utilise des figures populaires et médiatiques pour vanter les mérites de ses breuvages dès la fin des années 70. A l’époque, le duo populaire The Carpenters partagent l’encart en deux avec le grand Sammy Davis Jr. Et si le film Lost In Translation vous semble étonnamment réaliste, c’est parce que la réalisatrice Sofia Coppola s’est inspiré de son père pour l’intrigue de sa péloche. Venu produire le Kagemusha de l’immense Akira Kurosawa, le barbu du Parrain s’est retrouvé « coincé » lui aussi dans les tubes cathodiques nippons.

C.C. Lemon? Si si la famille!

Un syndrome en phase de se reproduire. Pour faire souffler la famille la plus populaire de Springfield, Suntory a créé le personnage de Mister C.C. Lemon ces dernières années : interprété par l’obscur acteur américain mais japano-populaire Guy Totaro, Mister C.C. Lemon surgit tel un génie hors de sa lampe et aide gentiment les buveurs de C.C. Lemon (prononcé « Chi-chi Lemong », l’accent anglo-japonais faisant le reste). Mieux, coiffé d’une bouclette au pento frontale à faire pâlir Superman et n’importe quel corse en goguette, Mister C.C. Lemon fait le bellâtre dans son habit intégral jaune poussin. Et s’il vous plaît, toujours accompagné d’une ritournelle gnangnan, qui habille les spots de C.C. Lemon depuis sa création. « Takyu! ». Trêve de palabres et rentrons dans le vif du sujet, amis esthètes et sodactivistes! Ah bah… A vrai dire, ça va être vite fait… Un goût de citron très prononcé, c’est logique, sans toutefois l’agressivité du sucre qu’on retrouve parfois dans le Fanta ou le Mirinda citron. Acide juste ce qu’il faut, cette boisson gazeuse ne provoque pas d’ulcère comme un Pulco pur. Cerise sur le gâteau, une sensation de fraîcheur vivifiante qu’on ressent rarement avec les autres boissons gazeuses. L’équivalent en vitamine C de 70 citrons dans une bouteille de 50cl d’après l’étiquette, c’est dire (même si certains détracteurs assurent qu’il s’agit d’une publicité mensongère)!

Après cette chronique, il n’empêche que je ne sais toujours pas pourquoi le nom du soda commence par C.C. Je suis sûrement le seul à me poser cette question en France, tant le soda ne jouit pas d’une incommensurable aura en Occident (difficile à trouver). Mais bon, tout le monde sait qu’hormis l’industrie, le comportement insulaire nippon penche plus du côté de l’import que de l’export… Bref, C.C. ne veut sûrement pas dire « centimètre cube ». Peut-être le C.C. Lemon s’inspire t-il des deux initiales du Diable fait soda. Ou encore, sa teneur supposée en vitamine C étant ce qu’elle est, cette boisson gazeuse peut se targuer de non pas un mais deux C… J’attends vos idées, aidez-moi!!! Nous touchons à la fin de notre article et, l’ayant entamé de la plus belle manière avec un calembour niveau Carambar (un carembour?), je m’en vais le terminer itou : que font deux chiens qui se croisent à Tokyo? Ils se jappent au nez. Ne me tapez pas, j’ai des lunettes!

Informations pratiques : Etant donné qu’il est très difficile de le trouver, le C.C. Lemon n’est pas donné. 2,90€ les 50cl chez Kioko, 46 rue des Petits-Champs PARIS 2 (Métro Pyramides). Mais j’en suis sûr, les plus japanisants d’entre nous sont prêts à tous les sacrifices pour ressembler à une écolière à jupe plissée. Trop kawaii^^.

Matthieu Rostac

Crédit photo : Aurore Colibert

PS : Vous avez vu? Pas une seule allusion raciste alors que le soda est asiatique et de couleur jaune. Ah ben si, maintenant c’est fait. Merde…