Personne ne fait le poids contre le Sumol ananas

Connaissez-vous la devise populisto-populaire de l’Estado Novo mis en place par le dictateur portugais Salazar? Fatima, foda e futebol. En français : de la religion, des pleurs et des idoles… Mais cette punchline de facho aurait pu être « fatima, fado e Sumol » tant le soda portugais fait office de fierté nationale à l’autre bout de la péninsule ibérique. Malheureusement pour moi – et heureusement pour les portugais – l’apogée du Sumol coïncide plutôt avec la Révolution des Oeillets et toute la liberté qui va avec. Créé en pleine période salazarienne durant l’hiver 1954 par l’industriel éclairé Antonio Joao Eusébio, le Sumol (d’abord au goût d’orange) connaître véritablement son essor à la fin des années 60, grâce à l’avènement de la publicité et du marketing. Sumol sera la première société à s’émarger de la réclame habituelle pour placarder dans les rues de Lisbonne des affiches estampillées « Beba Sumol ! ». La télévision fera le reste avec la publicité « Un chat est un chat. Un chien est un chien. Sumol est différent de tout cela ». A bon entendeur : cette boisson gazeuse est d’un goût que vous n’avez jamais connu. Depuis, « le Sumol fait partie de la vie de chaque portugais », comme l’affirme le site officiel de la boisson gazeuse lusitanienne. D’ailleurs, le nom Sumol vient de sumo, terme portugais qui signifie en français « jus » et de façon plus figurative, « essence ». Le jus des portugais mais l’essence du Portugal….

Par la suite, les agences publicitaires portugaises ne brilleront pas par leur créativité, à défaut de leur efficacité avec des campagnes à grande échelle. Au contraire, Sumol aura l’intelligence d’élargir sa gamme et de proposer différentes saveurs de Sumol en même temps qu’elle acquerra les licences Pepsi et Seven Up. Les arômes fruit de la passion, mangue et fraise feront leur apparition dans les linéaires de sodas portugais, tout acquis à la cause de Sumol. A tel point qu’à l’orée des années 2000 arrive l’idée du siècle des pubards portos avec les « sumolicos », des jeunes hommes et femmes accros au Sumol qui font découvrir le soda à leurs incultes d’amis. Une belle façon de renforcer un communautarisme nécessaire pour toucher la jeune cible. Une communauté qui n’est pas près de disparaître : la fan page Facebook française du Sumol tient dans ses rangs plus de 26 000 personnes. Mais passons. Cette hégémonie, la société lusitanienne le doit également à sa « saveur fétiche » : l’ananas… Avant Sumol, aucun soda ne portait le label « fruits exotiques ». Encore aujourd’hui, aucune boisson gazeuse ananas ne pousse dans la jungle des GMS. Si ce n’est le Sumol. Dans une trentaine de pays du monde entier. « Mais comment des maçons ont-ils pu être aussi fins? » me dis-je. J’adore être raciste… Plus sérieusement, il faut croire qu’envoyer les conquistadores en Amérique du Sud ou coloniser l’Angola, ça donne de la suite dans les idées…

Cristiano Ronaldo : "Yé soui oune porc tout gay é yen soui fierrr!"

Vous me direz donc : si aucun « sodananas » hormis le Sumol est trouvable en France, c’est que ça doit être bon? Eh bien oui! Et Non. Certes, la saveur « pineapple » donne un goût exotique intéressant, sans mauvais jeu de mot, mais le soda en lui-même reste très rapidement écoeurant. La faute à un sucre un peu trop grossier. Caralho, açucar! Pourtant, la marque Sumol jure que ses sodas sont peu chargés en glucose. Qu’est-ce que ça aurait été sinon..? Quoique, à bien y réfléchir. Dans mon souvenir, ma première bouteille de Sumol descendue, mes papilles d’esthète sodaïque avaient alors apprécié. Contrairement à cette second consommée il y a peu. Le manque de sucre aurait-il ôté son charme à la belle boisson de Algès? Le Sumol est comme une femme sexy et plantureuse à qui l’on aurait enlevé ses poignées d’amour… Pas grave, il nous reste toujours le fado pour pleurer.

Informations techniques : De la chance mes amis, de la chance! Le Sumol est assez répandu dans les GMS et son prix ne dépasse jamais les 1,50€ pour 1,5l. Le même tarif qu’un soda « habituel ». Donc honnêtement, essayez. Mon sens n’est malheureusement pas parfait. La preuve : je n’aime pas la morue… Je ne pourrais jamais être portugais. D’autant que niveau pilosité, c’est pas Byzance. Et BLIIIm, un cliché! D’ailleurs, en parlant de cliché, vous saviez que tous les portugais s’appellent Joao?

Matthieu Rostac

Crédit photo : Aurore Colibert et For Ladies by Ladies

Publicités

Une réponse à “Personne ne fait le poids contre le Sumol ananas

  1. Ma photo de soda préférée! Elle me rappelle Raphaël, la tortue aux saï. Beau cliché Aurore.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s