Royal Soda : un règne sans partage sur les DOM TOM. Et la Métropole, dans tout ça?


Pour plus de véracité, cet article aurait dû se nommer « SNEMBG : un règne sans partage sur les DOM TOM ». Mais si j’avais fait cela, le bon jeu de mot/punchline facile qui t’accroche l’oeil ne serait plus et mon article aurait fait fuir le peu d’internautes dont je peux me targuer. Passons. Enfin, pas tout à fait. Qu’est-ce qui se cache derrière ce sigle SNEMBG et surtout, quel est son lien avec le soda Royal Soda? Très simple, la Société Nouvelle des Etablissements Modernes de Boissons Gazeuses, franchise C***-C*** et Orangina martiniquaise qui possède et commercialise peu ou prou tout ce qui contient des bulles aux Antilles, n’est autre que la fière génitrice du Royal Soda, fils à bulles gazéi-parfait. Pour ceux qui veulent en savoir plus sur la pieuvre sodaïco-créole et qui aime la grosse pommade passée grossièrement, c’est ici.

Un fils parfait, en effet, tant sa polyvalence donne du fil à retordre aux autres boissons gazeuses du marché. Enfin, lorsqu’elles ne font pas partie de la même grande famille SNEMBG (L’Ordinaire, Kili-Bibi, etc). Les multiples arômes du Royal Soda, pas toujours convaincants au demeurant, lui donnent le statut de gamme la plus élargie des linéaires antillais. Sinobol (glace pilée proche du Granini), Ananas, Anis, Orgeat ou encore Grenadine. Le meilleur, paraît-il. Car pour ma part, j’ai testé les arômes Banane et Kampane. Et mon palais s’en rappelle encore…

N’ayant toujours pas réussi à élucider le mystère du kampane, je vous livrerai mes impressions telles quelles. Le Royal Soda Kampane dégage, de prime abord, une odeur assez forte qui laisse vite la place à un goût outrancier et caramélisé. Un retour « poivré » et une légère pâteuse achève cette première gorgée laborieuse pour ma petite becquée d’européen. La saveur qui emplit la bouche et les narines m’avait alors rappelé les effluves si caractéristiques des boutiques africaines de Château-Rouge (tresses, dombolo et sapologie inside). La couleur, elle, est d’un marron quelque peu translucide. Le kampane, c’est marron, alors? C’est un fruit? Une racine? S’il vous plaît, répondez-moi! Je vous implore, dites-moi ce qu’est le kampane! Je n’en dors plus la nuit… A l’inverse, pour la banane et son goût, je connais sa couleur. Constat : on doit pas avoir les mêmes bananes de l’autre côté de l’Atlantique. La boisson est d’un orange vif voire effrayant. Sunglasses at night de rigueur. Le goût, lui, est très chimique : extrêment sirupeux, le Royal Soda évoque vaguement une saveur de banane qui peut rapidement écoeurer. A boire vite donc, d’autant que la boisson s’aplatit rapidement. Et pourtant, certains aiment… Je vous le donne en mille, en Europe, nous ne sommes pas encore habitués à ces saveurs démesurées. Sinon, comment expliquer la rareté du Royal Soda dans l’Hexagone?

Pénurie de Royal Soda à Barcelone. Eric Abidal est contraint de boire un Starbuck's. "Ou ka manké mwen" aurait-il déclaré, peiné.

Nombreux sont les adeptes en Métropole de ce monarque qu’on prendrait facilement pour l’Arlésienne des sodas. Nombreux sont également ceux qui déclarent sur les forums arpenter les épiceries asiatiques à sa recherche désespérée. Certains en viennent même à l’utiliser comme blaze pour leur skyblog. Trop LOL, quoi. Sans compter la foultitude de groupes Facebook érigés en l’honneur du roi des Antilles gazéifiées. Le groupe « Je Bois « ROYAL SODA & CARESSE ANTILLAISE » parce qu’il n’ y a que ça de vrai » se permet même le luxe de s’offrir près de 2000 membres. Belle communauté d’esthètes! Dans tous les cas, dès 1984, on avait la preuve tangible que le Royal Soda était le must en matière de soda « coolissimo ». Soit la même décennie que la lambada et le zouk. Coeur Caraïbes les 80’s, y a pas à tortiller. A ce titre, et ce sera ma désormais mauvaise et habituelle chute, je parapherais le deuxième chantre de la négritude, après Aimé Césaire, j’ai nommé Lilian Thuram, qui disait à peu près cela : « A tous ceux qui se battent pour savoir qui sont les meilleurs des Beatles ou des Rolling Stones, je me dis que ces gens-là n’ont jamais écouté Kassav! »(*). Eh bien, à tous les gens qui se battent pour savoir lequel est meilleur entre le Diable fait soda et Pepsi, je leur dit qu’il n’ont jamais goûté le Royal Soda. Mouhaha.

Indications techniques : Certes, le Royal soda est rare mais vous le trouverez sans aucun doute Au 14 Marché, 14 rue Marx Dormoy (Métro Marx Dormoy ou La Chapelle). La dernière fois que j’y suis passé, tous les goûts s’y trouvaient à l’exception de l’orgeat et la bouteille de 50cl coûtait 1,39€ si mes souvenirs sont bons. Va falloir qu’ils me paient les pakistanais du 14 pour toute cette pub latente!

Matthieu Rostac

Crédit photo : Aurore Colibert et Pure People

(*) Propos recueillis par l’excellent So Foot, si mes souvenirs sont bons.

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Une réponse à “Royal Soda : un règne sans partage sur les DOM TOM. Et la Métropole, dans tout ça?

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